Interview alumni : Caïus YEBADOKPO, business developer

Interview alumni : Caïus YEBADOKPO, business developer

Diplômé de l’ENSIATE en 2024, Caïus YEBADOKPO évolue depuis plus de trois ans dans le domaine des énergies renouvelables. Entre technicité, gestion d’affaires et contact client, il incarne une nouvelle génération d’ingénieurs polyvalents et engagés pour la transition énergétique. Dans cette interview, il partage son parcours, ses choix, et livre une vision concrète de son métier de business developer.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

Je m'appelle Caïus YEBADOKPO, je suis ingénieur en écoénergétique, diplômé de l’ENSIATE, promotion 2024. Je travaille depuis un peu plus de trois ans dans le domaine des énergies renouvelables. J’ai commencé ce parcours dès ma quatrième année d’études, en alternance. J’étais alors en support dans une équipe qui commercialisait des centrales photovoltaïques en toiture pour les particuliers.

Un an plus tard, j’ai évolué vers un bureau d’études techniques, qui travaille sur des projets de plus grande envergure. Après mon année d’alternance, j’y suis resté en CDI. Aujourd’hui, j’y occupe le poste de business developer (responsable du développement commercial).

En quoi consistent vos missions ?

Mon rôle est proche de celui d’un chargé d’affaires. Je prends en charge l’ensemble du processus de réalisation des missions côté client. Depuis la sollicitation client jusqu’à la livraison de la prestation.

Les sollicitations peuvent venir directement de clients que je rencontre en réunion pour qualifier leurs besoins, dimensionner la prestation et en planifier la réalisation. Ou bien, je réponds à des appels d’offres publiés sur les marchés publics. Dans ce cadre, je constitue un dossier complet : un cahier des charges technique, une offre commerciale, et tout ce qui permettra de démontrer la capacité de l’entreprise à répondre aux attentes.

Le cœur de mon métier, c’est la production de ces offres techniques et commerciales. Je dois valoriser notre savoir-faire, rassurer nos interlocuteurs notamment les banques et les investisseurs et bien cerner les besoins dès le départ.

Avez-vous une journée type ?

Ma journée commence généralement par un suivi des emails : je vérifie les sollicitations, les propositions envoyées, les retours reçus, et j’organise les relances si nécessaire. Ensuite, je planifie des réunions avec les clients pour discuter des projets.

Nous proposons un large éventail de prestations : évaluation de la production des centrales photovoltaïques, parcs éoliens, unités de stockage électrique, audits techniques en phase de financement, etc. Nous accompagnons aussi les banques et investisseurs (BNP, Crédit Agricole, Caisse d’Épargne…) en leur apportant l’expertise technique nécessaire à la prise de décision. On les aide à estimer combien une centrale peut produire sur 10 ou 20 ans, et donc combien elle pourrait leur rapporter.

L’après-midi est plus calme, souvent dédiée à la préparation des offres : rédaction de propositions techniques, calculs de prix, estimation du temps de travail et des coûts associés. Je détermine quels experts mobiliser, combien cela coûtera, s’il faut prévoir des déplacements. En fin de journée, je fais valider mes propositions à mes responsables avant de les envoyer. Ensuite, vient la phase de négociation.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer ce métier ?

La première qualité essentielle, c’est l’écoute. Il est important de bien comprendre ce que le client exprime, même si ce n’est pas toujours avec les bons termes. Cela permet de poser les bonnes questions et d’adapter notre réponse.

Ensuite, je dirais la patience. Ce métier est un marathon. Un deal peut se conclure en quelques jours… ou en plusieurs mois. Enfin, être attentif et réactif est indispensable, car il faut souvent ajuster rapidement nos propositions selon les retours clients.

Pourquoi avez-vous choisi cette voie professionnelle ?

C’est principalement le contact client qui m’a attiré. Beaucoup d’ingénieurs préfèrent rester derrière un ordinateur à faire des calculs ou travailler sur le terrain. Moi, ce que j’aime, c’est échanger, négocier, faire avancer des projets en discutant avec des interlocuteurs variés. Il y a aussi un aspect dynamique et stimulant, avec de nombreux déplacements partout en France, la participation à des salons, la rencontre de professionnels.

Autre point important : les profils techniques comme les ingénieurs sont très recherchés dans ces métiers commerciaux. Notre bagage technique nous donne une vraie crédibilité et nous permet de bien valoriser nos compétences sur le marché du travail.

Quel est le principal challenge que vous rencontrez actuellement ?

Il n’y a pas un grand défi en particulier, mais plutôt une pression constante pour faire croître l’entreprise. En tant que business developer, ma responsabilité est de générer de nouvelles opportunités, de nouveaux clients, de structurer les process pour accompagner cette croissance. C’est un travail de fond permanent.

Pourquoi avoir choisi l’ENSIATE ?

L’ENSIATE est spécialisée dans l’énergie et la transition énergétique durable, exactement le domaine dans lequel je voulais travailler. Cela m’a permis d’éviter de suivre une formation généraliste et de devoir ensuite chercher à me spécialiser par des stages ou formations complémentaires ailleurs. L’école proposait des enseignements en lien direct avec les énergies renouvelables, ce qui correspondait parfaitement à mes objectifs professionnels.

Quel est votre meilleur souvenir à l’ENSIATE ?

Sans hésiter, les personnes. Ce n’est pas une très grande école, mais il y règne une ambiance très conviviale. Les enseignants sont proches des étudiants, disponibles, et il y a une vraie solidarité entre camarades. C’est ce climat humain et bienveillant qui m’a marqué le plus.

Quel conseil donneriez-vous aux étudiants de l’ENSIATE ?

Je leur dirais d’être ouverts d’esprit. Le domaine de l’énergie est vaste : bâtiment, éco-construction, photovoltaïque, éolien, hydraulique, aéraulique… Il ne faut pas se fermer à un seul sous-secteur. En étant curieux, on découvre parfois de nouvelles vocations, de nouveaux centres d’intérêt qui peuvent enrichir sa carrière. Personnellement, j’ai eu cette ouverture, et ça m’a beaucoup apporté.

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