Interview alumni : Chaima LACHIHEB, responsable pôle thermique et énergie

Diplômée en 2023 après un parcours réalisé en alternance, Chaima LACHIHEB évolue aujourd’hui comme responsable du pôle thermique et énergie côté client. De ses débuts en DUT génie thermique à une expérience professionnelle en Australie, Elle revient sur son parcours, ses choix et les enjeux d’un métier en pleine transformation.
Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?
Je m’appelle Chaima LACHIHEB. J’ai réalisé un DUT en génie thermique et énergie entre 2018 et 2020. À la suite de cela, j’ai intégré l’ENSIATE, où j’ai suivi un double cursus avec une licence écoénergétique que j’ai obtenue en 2021. Ensuite, j’ai poursuivi avec un diplôme d’ingénieur spécialisé en gestion de projets, que j’ai obtenu en 2023.
Tout mon parcours s’est fait en alternance. J’ai ainsi passé cinq ans chez IDF, où j’étais ingénieure en efficacité énergétique. J’ai également effectué un stage de quatre mois aux États-Unis, à l’Université Centrale de Floride, en recherche et développement énergétique.
Après mes études, j’ai travaillé un an puis je suis partie un an en Australie, où j’ai occupé un poste d’ingénieure en optimisation des bâtiments. Depuis mon retour en mai, je travaille à la SA HLM de l’Oise en tant que responsable du pôle thermique et énergie.
Pourquoi avoir décidé de partir travailler en Australie ?
Le déclic est venu de mon stage à l’étranger. Cette première expérience m’a donné envie de repartir travailler hors de France. Initialement, je visais les États-Unis, mais les démarches administratives, notamment pour le visa, étaient assez complexes. Je me suis donc tournée vers des pays anglophones comme l’Angleterre ou l’Australie. Finalement, l’idée de vivre à Sydney, avec un cadre de vie agréable, m’a convaincue. Je suis partie sans emploi, avec seulement quelques économies et un logement. J’ai postulé sur place, et au bout d’un mois, j’ai trouvé un poste dans mon domaine. L’expérience s’est très bien déroulée.
Quelles différences culturelles vous ont marquée dans votre manière de travailler ?
La principale différence concerne le rapport au temps de travail. En France, on est encore très attaché au présentéisme et au nombre d’heures effectuées. À l’inverse, en Australie, on est davantage sur une logique de résultats. Peu importe le nombre d’heures réalisées, ce qui compte, c’est que les objectifs soient atteints. En revanche, cette flexibilité s’accompagne d’une exigence très forte : si les résultats ne sont pas au rendez-vous, les conséquences peuvent être rapides, notamment en termes de licenciement. C’est un système plus exigeant, mais aussi plus responsabilisant.
Quelles sont vos missions en tant que responsable du pôle thermique et énergie ?
Aujourd’hui, je suis passée du côté prestataire au côté client, ce qui change complètement la perspective. Avant, je répondais aux besoins des clients ; aujourd’hui, c’est moi qui exprime les besoins et qui pilote les prestataires. Je m’occupe du suivi des contrats de maintenance, qu’ils soient multiservices ou collectifs. J’organise les réunions de suivi, je travaille sur les appels d’offres liés à l’efficacité énergétique, et j’interviens sur des sujets réglementaires comme le décret tertiaire ou le décret BACS. Je participe également à des démarches de certification, comme l’ISO 50001. Je travaille sur des plans de travaux à moyen et long terme, sur cinq à dix ans. C’est un poste très varié, qui mêle technique, gestion de projet et coordination.
Quelles sont les qualités essentielles pour exercer votre métier ?
Il faut avant tout être organisé et autonome. Le secteur de l’énergie est relativement récent, avec beaucoup d’évolutions réglementaires. On ne peut pas toujours compter sur des managers experts du domaine, donc il faut être capable d’aller chercher l’information par soi-même. La curiosité aussi, tout comme la capacité à apprendre en continu. C’est un métier où il faut être proactif et s’adapter rapidement aux évolutions.
Quel est le plus grand challenge que vous rencontrez dans votre métier ?
Le principal défi est lié à l’accompagnement au changement. Beaucoup d’acteurs ne sont pas encore sensibilisés aux enjeux énergétiques, ou ne les considèrent pas comme prioritaires. Il faut donc faire preuve de pédagogie, expliquer les enjeux, les obligations réglementaires et les bénéfices des actions mises en place. Ce n’est pas toujours évident, car certaines personnes peuvent être réticentes.
Pourquoi avoir choisi de vous orienter vers ce domaine ?
Au départ, c’est un peu le hasard qui m’a menée vers l’énergie. Je devais trouver une alternance pour poursuivre mon DUT, et j’ai été orientée vers ce secteur grâce à mon entourage. Mais très rapidement, je me suis passionnée pour ce domaine. Il combine technologie, innovation et enjeux environnementaux. C’est un secteur d’avenir, en constante évolution, ce qui le rend particulièrement stimulant.
Pourquoi avoir choisi l’ENSIATE pour poursuivre vos études ?
Après mon DUT, j’avais acquis des bases assez larges, mais je voulais me spécialiser. Mon expérience en alternance dans l’efficacité énergétique m’avait particulièrement intéressée. L’ENSIATE proposait une filière écoénergétique en parfaite continuité avec mon parcours.
Quel est votre meilleur souvenir pendant vos études ?
Je pense à un projet réalisé à l’ENSIATE. Nous devions, en groupe, concevoir un bâtiment de A à Z. Nous avions choisi de créer une école à Singapour. C’était un projet très complet : choix du terrain, réflexion sur les transports, conception des infrastructures… Tout devait être pensé dans une logique environnementale, avec des énergies renouvelables et des matériaux adaptés.
Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent suivre votre voie ?
Je leur dirais de ne pas se décourager au début. Les études et les débuts professionnels peuvent être exigeants, mais il faut avancer étape par étape. Il est important de croire en soi, de rester persévérant et de prendre le temps de construire son parcours. Avec de la motivation et de la régularité, il n’y a pas de raison de ne pas réussir.
