Interview alumni : Mc Kenny BARREAU, ingénieur méthodes QSE.

Interview alumni : Mc Kenny BARREAU, ingénieur méthodes QSE.

Diplômé de l’ENSIATE en 2020, Mc Kenny BARREAU a débuté sa carrière en qualité, sécurité et environnement avant d'évoluer vers la direction de projets industriels complexes. Aujourd’hui ingénieur méthodes chez NGE, il revient sur son parcours, ses convictions, et livre des conseils pragmatiques à celles et ceux qui souhaitent suivre le même chemin.

Pouvez-vous vous présenter et revenir sur votre parcours ?

Je m'appelle Mc Kenny BARREAU, j'ai 32 ans. Après une licence en biologie et un passage à l'Institut Pasteur, j'ai choisi de me réorienter vers l'ingénierie. En 2017, j'intègre l’ENSIATE via le concours d'entrée. Je suis admis pour suivre un cycle en alternance, mais trouver une entreprise est un vrai défi. Heureusement, une ancienne connaissance m’a recommandé à la SADE Ivry, où j’ai effectué mes trois années d’alternance.

Lors de mon alternance, j’ai travaillé à la fois en tant que conducteur de travaux VRD et sur la partie QSE. J’ai été diplômé en 2020 comme ingénieur éco énergéticien, mais aussi comme ingénieur QHSE.

Quel a été votre parcours pour en arriver là ?

Après un an à la SADE, j’ai rejoint le Groupe Guinier 1823 comme responsable qualité. Rapidement, on m’a confié la direction du pôle QHSE. En trois ans, nous avons obtenu les certifications ISO 45001 et 14001, mis en place une vraie culture sécurité et fait baisser les accidents du travail à zéro.

J’ai ensuite été recruté comme directeur QSE chez Senergyt, dans le secteur du chauffage urbain. J’ai aussi dirigé une filiale industrielle, Montubes Industries. Nous avons développé deux activités stratégiques : le percement en charge et la pose de commandes à distance, sur lesquelles nous étions les seuls en Île-de-France. Le chiffre d'affaires a fortement augmenté, mais l’entreprise a malheureusement été placée en liquidation judiciaire en 2025.

J'ai ensuite brièvement rejoint un cabinet de conseil comme chef préventeur sur un chantier LVMH aux Champs-Élysées. Puis, à l'automne 2025, j'ai intégré NGE comme responsable du service méthodes.

Quelles sont vos missions actuelles ?

Aujourd’hui, je travaille sur la partie méthodes et études. Je rédige et met à jour les mémoires techniques, j'analyse les appels d’offres et je réalise les bilans carbone des projets. Je vais aussi sur le terrain avant le lancement des chantiers pour proposer des solutions techniques adaptées. C’est un poste très complet, où le chiffrage prend une place importante.

Qu'est-ce qui vous a attiré dans le domaine de la QSE ?

Ce qui m'a séduit, c'est le lien humain. Je ne me retrouvais pas dans un laboratoire. En QSE, nous sommes en interaction permanente avec tous les services. Il faut être impartial, à l'écoute, et savoir instaurer la confiance. Ce sont des qualités qui me définissent. Ça a été pour moi une véritable voie d’épanouissement.

Quelles qualités faut-il selon vous pour faire ce métier ?

Il faut savoir parler en public, être convaincant à 7h du matin devant 100 ouvriers. Il faut aussi être rigoureux, patient et surtout courageux. Car c’est un métier parfois ingrat : nous sommes souvent oubliés quand les certifications sont obtenues, et peu reconnu. Il faut croire en sa valeur, même quand les autres ne la voient pas.

Quels sont les plus grands défis que vous avez rencontrés ?

Les plus gros challenges, ce sont souvent des enjeux humains. Quand on passe d’un secteur industriel très rigoureux au BTP, il faut gérer beaucoup de désorganisation, de malentendus, de résistance au changement. Il faut sans cesse recadrer, relancer, tout en gardant le cap.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui veut faire ce métier ?

Je lui dirais : formez-vous comme auditeur dès que possible. Même pendant vos congés d’été. Cela vous donne de la crédibilité et de la confiance. En tant qu’auditeur externe, on peut faire des missions variées, découvrir des secteurs qu’on ne connaît pas. Ça ouvre l’esprit.

Mais il faut aussi avoir conscience des réalités du métier : le QSE est peu valorisé, mal payé au départ, surtout si l’on ne sait pas se vendre ou se positionner comme expert. Pourtant, c’est un levier essentiel de performance. La clef, c’est d’oser, de réseauter, de ne pas rester isolé.

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