Interview alumni : Yannis WAGNER, ingénieur méthode en consulting industriel

Entre lignes de production, fournisseurs en tension et optimisation des temps de cycle, Yannis évolue au cœur de l’industrie. Fraîchement diplômé de l’ENSIATE, il s’apprête à intégrer le consulting industriel comme ingénieur méthode. Son objectif : améliorer la performance tout en prenant en compte les réalités du terrain et les conditions de travail des opérateurs. Dans cette interview, il nous parle de son parcours, de ses missions et de ses conseils pour les étudiants de l’ENSIATE.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Yannis WAGNER. Je suis un ancien étudiant de l’ENSIATE diplômé depuis 2025. Aujourd’hui, je suis en attente de la réception officielle de mon diplôme afin de pouvoir commencer mon nouveau poste d’ingénieur méthode dans le milieu du consulting industriel. C’est une suite logique pour moi, puisque j’ai effectué toute ma formation en alternance et que j’ai déjà travaillé sur des missions très proches de celles que je vais exercer.
Quelles seront vos futures missions ?
Mon rôle consistera principalement à intervenir dans différentes usines de production, notamment dans le nord de la France, en fonction des missions confiées par les clients. Concrètement, je vais travailler sur l’accélération des temps de cycle en production, avec pour objectif d’optimiser la performance industrielle. Cela implique d’analyser les lignes existantes, d’identifier les points de blocage et de proposer des améliorations concrètes. Je serai également amené à gérer des projets industriels, comme l’intégration de nouvelles machines ou de nouveaux équipements. Il s’agira aussi d’améliorer les postes de travail et les conditions des opérateurs, notamment sur les aspects ergonomiques. Une autre partie importante de mon travail consistera à mettre en place des standards afin d’uniformiser les pratiques dans les ateliers et faciliter la formation des équipes. En résumé, mes missions tourneront autour de la gestion de projet, de l’optimisation des performances et de l’amélioration des conditions de travail.
Vous avez réalisé votre formation en alternance. Quelles étaient vos missions à ce moment-là ?
Pendant mon alternance, j’occupais déjà un poste d’ingénieur méthode. Ce que je vais faire aujourd’hui s’inscrit donc dans la continuité de ce que j’ai appris sur le terrain. Dans le passé, j’ai mené un projet majeur pour une entreprise de fabrication de batteries. Nous utilisions une résine dans le processus de production, et j’ai piloté son remplacement par une colle thermofusible non cancérogène. Ce changement a permis à l’entreprise de réaliser un gain de 300 000 euros, tout en améliorant les conditions de travail sur le plan sanitaire. En parallèle, je travaillais sur la réduction des temps de maintenance et des temps de réglage, afin d’améliorer la disponibilité des équipements. Cette expérience m’a conforté dans mon choix de métier : j’ai aimé la diversité des missions et l’impact concret des décisions prises.
Quelles sont les qualités principales pour être un bon ingénieur méthode ?
La première qualité, selon moi, c’est la capacité d’adaptation. En consulting, nous arrivons dans un nouvel environnement avec un processus qu’on ne connaît pas forcément. Il faut comprendre rapidement le fonctionnement, s’adapter aux équipes en place et répondre précisément aux besoins du client. Il faut aussi savoir gérer la pression. Les délais sont souvent serrés, les enjeux financiers importants, et les attentes élevées. Il ne faut pas se laisser submerger. Au contraire, il faut réussir à transformer cette pression en moteur. La curiosité est également essentielle. Il faut se tenir informé des nouvelles technologies, des capteurs, des automates et des innovations industrielles pour proposer des solutions pertinentes et adaptées à chaque projet.
Pourquoi avoir choisi ce métier ?
J’ai choisi ce métier pour la diversité des missions. Lors de ma première alternance, j’étais adjoint responsable de production et je trouvais le quotidien plus linéaire. Chaque journée est différente. Je peux être en gestion de projet, puis en analyse de données, et finalement sur une ligne de production à observer les temps de cycle pour comprendre comment les optimiser. Cette variété me stimule énormément. Il y a aussi le côté challenge. La pression peut être difficile, mais personnellement, elle me pousse à me dépasser. C’est dans ces contextes exigeants que je donne le meilleur de moi-même.
Quel est le plus grand challenge que vous rencontrez dans votre métier ?
L’un des challenges les plus fréquents concerne les fournisseurs. Il arrive qu’un fournisseur ne livre pas le matériel nécessaire dans les délais. Cela peut bloquer tout un projet, parfois pour une pièce minime, comme un simple joint. Dans ces moments-là, il faut négocier, mettre la pression si nécessaire, tout en restant professionnel. Parfois, on doit envisager de changer de fournisseur. Mais intégrer un nouveau fournisseur dans le système interne de l’entreprise demande du temps et des démarches administratives. On se retrouve alors dans une situation de tension entre le client, le fournisseur, le supérieur hiérarchique et parfois un nouveau partenaire à intégrer. Ce sont des périodes de rush, stressantes, mais très formatrices.
Qu’est-ce que l’ENSIATE vous a apporté ?
La gestion de projet a été l’apport le plus marquant. En dernière année, nous avons eu 20 heures dédiées à cette matière, et ce sont probablement les heures les plus utiles pour mon poste actuel. Le projet inter années a aussi été une expérience clé. J’ai eu la chance d’être nommé chef de projet. Cela m’a permis de manager une équipe, de suivre des jalons, d’estimer un budget et de présenter un projet à un client, même dans un cadre fictif. Cette mise en situation était très proche de la réalité professionnelle. L’ENSIATE m’a également appris à élargir ma manière de penser. En venant d’un parcours technique, certaines notions étaient complexes au départ, mais cela m’a obligé à sortir de ma zone de confort et à chercher plus loin.
Quel conseil donneriez-vous aux étudiants de l’ENSIATE ?
Je leur dirais de ne pas lâcher. L’ENSIATE offre la possibilité d’accéder à une grande diversité de métiers, que ce soit dans l’industrie, l’énergie ou même le tertiaire. Même si les études semblent compliquées à certains moments, il faut s’accrocher et aller au bout. Le diplôme ouvre de nombreuses portes. Nous avons aussi la chance d’avoir des enseignants investis et compétents. Avec du travail, de la persévérance et de la curiosité, les opportunités sont réelles.
