Interview de Maëva TSAFACK, apprentie cheffe de projet en rénovation énergétique

Interview de Maëva TSAFACK, apprentie cheffe de projet en rénovation énergétique

Étudiante en quatrième année en éco-énergie, Maëva TSAFACK construit son parcours entre exigence académique et expérience terrain. Aujourd’hui apprentie cheffe de projet en rénovation énergétique, elle intervient sur des projets concrets au sein de la région, au cœur des enjeux de performance énergétique des bâtiments. Entre décisions stratégiques, travail d’équipe et immersion sur le terrain, elle revient sur son parcours, ses missions et les défis de son métier.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Maëva TSAFACK. Je suis actuellement étudiante en quatrième année en éco-énergie à l’ENSIATE, où je suis en formation depuis trois ans. En parallèle, je suis en alternance au sein de la région Île de France en tant qu’apprentie cheffe de projet en rénovation énergétique, spécialisée notamment sur les systèmes de chauffage, ventilation et climatisation.

En quoi consiste votre métier aujourd’hui ? Quelles sont vos missions au quotidien ?

Au sein de la région, nous sommes en charge de la gestion des lycées, notamment sur tout ce qui concerne les installations techniques comme le chauffage, la ventilation, la climatisation, mais aussi les projets de rénovation énergétique. L’objectif principal est d’assurer le confort des élèves tout en optimisant les performances énergétiques des bâtiments. 

Mes missions consistent principalement à suivre des projets de rénovation énergétique. Les lycées étant très consommateurs en énergie, notamment en chauffage et en ventilation, il est essentiel de mettre en place des actions pour réduire ces consommations. Cela passe par des travaux de rénovation visant à améliorer les performances énergétiques, mais aussi la qualité de l’air intérieur, qui est un enjeu majeur pour la santé et le confort des occupants.

Concrètement, je suis chargée du suivi de projet de A à Z. Donc je veille au respect des délais, des budgets, et à la bonne exécution des travaux. Par exemple, j’ai travaillé sur un projet de rénovation d’un lycée où mon rôle était d’accompagner toutes les étapes jusqu’à la livraison finale. Cela demande beaucoup de coordination entre les différents partis et de la rigueur dans le pilotage du projet. 

Quelles sont, selon vous, les qualités pour exercer ce métier ?

Selon moi, les trois qualités principales indispensables sont d’abord, la patience, car les projets peuvent rencontrer des imprévus et prendre du retard. Ensuite, l’autonomie et la capacité à prendre des décisions rapidement. Il m’est déjà arrivé d’assister à des réunions où il fallait trancher immédiatement, par exemple lorsqu’une entreprise ne respectait pas ses engagements.

La rigueur est également essentielle pour assurer le bon suivi des projets. Enfin, l’esprit d’équipe est fondamental, car nous travaillons avec de nombreux interlocuteurs comme des entreprises, des techniciens, des partenaires… Il faut donc savoir communiquer efficacement pour collaborer.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

Ce que je préfère, c’est le terrain. Être sur le terrain me permet de voir concrètement les installations, comme les chaudières ou les centrales de traitement d’air, et de comprendre leur fonctionnement réel. À l’école, on apprend beaucoup de choses théoriques, mais tant qu’on n’a pas vu les équipements en vrai, cela reste abstrait. Le terrain permet de faire le lien entre la théorie et la pratique, et c’est vraiment là que l’on apprend le plus.

Quels sont les principaux challenges que vous rencontrez ?

Je dirais qu’il y a deux grands défis. Le premier, c’est la prise de décision. Une mauvaise décision peut avoir des conséquences importantes sur un projet, notamment en termes de délais ou de coûts. Le second, c’est la nécessité d’avoir un esprit critique. Il ne faut pas être passif. Il faut analyser les situations, poser des questions, et être force de proposition. Cela demande aussi de la confiance en soi et une certaine proactivité.

Quel a été votre parcours jusqu’à aujourd’hui ?

J’ai commencé mes études au Cameroun après l’obtention de mon bac, en intégrant une classe préparatoire en partenariat avec Polytechnique Paris-Saclay. J’ai ensuite été admise à Polytechnique, mais la spécialité que je souhaitais, le génie énergétique, n’y était pas proposée. Après un semestre, j’ai décidé de me réorienter vers une formation plus en lien avec mes objectifs. J’ai candidaté dans une formation spécialisée en énergies renouvelables et efficacité énergétique à l’ENSIATE. On m’a proposé d’intégrer la deuxième année de licence plutôt que la troisième, afin de consolider mes bases. J’ai accepté ce choix, et avec le recul, c’était la bonne décision. Cela m’a permis d’acquérir les compétences nécessaires pour réussir la suite de mon parcours. J’ai ensuite validé ma licence et poursuivi en master.

Pourquoi avoir choisi l’ENSIATE ?

J’ai choisi l’ENSIATE parce qu’elle proposait une formation spécialisée en énergies renouvelables, ce qui correspondait parfaitement à mes centres d’intérêt, notamment pour le photovoltaïque. C’était un choix assez évident pour moi, car je n’avais pas trouvé d’autres établissements proposant une formation aussi adaptée à mon projet professionnel.

Quels sont, selon vous, les points forts de l’ENSIATE ?

Le principal atout est la variété de formations proposées en alternance. Cela permet de se confronter directement à la théorie et à la réalité du terrain en même temps. On se rend compte que ce que l’on apprend en cours ne correspond pas toujours exactement à ce qui se passe en pratique. L’autre point fort, c’est le suivi. Les enseignants sont très impliqués et assurent un accompagnement régulier, que ce soit à l’école ou en entreprise. Il y a aussi une certaine discipline qui pousse à rester sérieux et engagé dans sa formation.

Quel conseil donneriez-vous aux étudiants qui souhaitent suivre votre voie ?

Je leur conseillerais d’abord de bien se renseigner sur la formation et de s’assurer qu’elle correspond à leurs attentes. Il est important d’être prêt à s’investir pleinement. Je recommande également fortement l’alternance. Elle permet de gagner en compétences, de développer son autonomie et de mieux comprendre le métier. Appliquer la théorie sur le terrain est essentiel pour progresser. Enfin, je dirais qu’il faut être curieux, impliqué et prêt à apprendre en continu. C’est en confrontant ses connaissances à la réalité que l’on devient vraiment compétent.


Articles pouvant également vous intéresser