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Interview Alumni : Mélanie GABIN, Ingénieur Energéticien

4/26/2021
Ecole ENSIATE
Interview Alumni : Mélanie GABIN, Ingénieur Energéticien

Mélanie c’est l’archétype de l’élève modèle. Toujours première de sa classe, elle raflait toujours les félicitations du jury. Seulement voilà, le baccalauréat en poche, elle a eu du mal à trouver sa voie. Dans cette interview, elle nous livre avec humour son parcours (du combattant) de jeune martiniquaise fraîchement débarquée en Normandie pour devenir ingénieure.

Bonjour Mélanie, quel est votre parcours académique ? 

J’ai réalisé un bac S option physique-chimie. J’étais une très bonne élève, j’ai donc décidé de me lancer dans une classe préparatoire aux grandes écoles. Toujours en physique-chimie. C’était une période assez compliquée. Je pense que je n’étais pas assez mûre pour vivre seule, loin de mes parents. 

A la fin de ma prépa, j’ai passé mes concours et je suis allée en métropole pour réaliser mes oraux. J’ai décidé de poursuivre mon inscription auprès de l’ESIGELEC, une école d’ingénieurs à Rouen. Problème, je ne m’y suis pas du tout faite ! 

Le changement était brutal, je n’ai pas réussi à m’acclimater. Tout était si éloigné de ma Martinique. J’avais l’impression d’être tout le temps malade et le manque de soleil me faisait réellement déprimer. De plus, le côté amphi de 400 personnes, caractéristique des grandes écoles, n’était vraiment pas adapté à mes besoins. J’étais encore très scolaire et je pense que j’avais besoin d’une proximité avec les enseignants pour apprendre dans de bonnes conditions.

Pour la première fois de ma vie, je validais une année sur le fil. J’étais exténuée et surtout complètement perdue sur mes projets professionnels. La seule chose à laquelle j’ai pu me raccrocher c’est le projet d’éco-construction sur lequel j’ai eu l’occasion de travailler pendant mon année à l’ESIGELEC. 


Comment êtes-vous arrivée à l’ENSIATE ?

A la fin de l’année scolaire, je décide de ne pas poursuivre. Mes parents m’ont soutenu malgré le coût “perdu” que cela représentait. Le temps de trouver l’école qui me correspond vraiment et de faire le point sur mes envies, je me suis inscrite à la fac. L’horreur complète ! Heureusement, j’avais repéré l’ENSIATE et je savais que je passerai les oraux en mars. Il ne me restait plus qu’à patienter.

Je me suis donc mise à donner des cours de maths et de physique à des enfants en décrochage scolaire ou souffrant d’un handicap. J’ai réellement apprécié l’enseignement, ce fut une vraie découverte et à ce moment-là j’ai pensé que je pourrais devenir prof. 

Je décide néanmoins de poursuivre dans le cursus ingénieur. Je repars pour un cycle de 3 ans, à l’ENSIATE cette fois. Je voulais aller dans cette école qui faisait de la proximité et de la professionnalisation des élèves, sa priorité. J’aurai pu intégrer l’école directement en seconde année mais j’avais des lacunes par rapport à ceux déjà spécialisés en première année. Je ne voulais pas arriver avec du retard donc j’ai préféré recommencer du début.

Faute de trouver un employeur je n’ai débuté mon alternance qu’au deuxième trimestre. 

C’était salvateur de commencer à travailler. Grâce à cette expérience j’ai appris à maîtriser ma timidité. En effet, quand on travaille dans l’énergie et dans les bureaux d’études, une grande partie de notre quotidien c’est aussi de convaincre notre interlocuteur du bien-fondé de notre démarche. 

Pendant l’été je pars faire un stage au sein d’une collectivité territoriale en Martinique. Je devais les aider car ils s’étaient équipés de panneaux photovoltaïques mais le fournisseur avait fait faillite. Mon rôle était de faire un état des lieux pour estimer le besoin de maintenance, rédiger un cahier de spécifications techniques et faire un appel d’offre pour chercher un nouveau prestataire. J’ai adoré cette mission ! Pour la première fois je découvrais vraiment le métier d’ingénieur et je savais que j’étais sur la bonne voie. Le fait de réfléchir à résoudre un problème, le modéliser et voir naître la solution imaginée, c’est vraiment ça que je voulais faire !

J’avais trouvé ma vocation : faire des choses visibles qui ont un réel impact positif sur la consommation d’énergie.

Durant ma deuxième année, j’ai eu plusieurs expériences professionnelles pendant lesquelles j’ai notamment pu intervenir pour le Groupement des Mousquetaires en particulier pour les Intermarché. Je sillonnais la France pour aller auditer la consommation énergétique des magasins, mettre en place des nouvelles pratiques et observer en direct la baisse des indicateurs de consommation et le gain en confort du magasin. Une vraie victoire !

En dernière année j’ai décroché un contrat de professionnalisation auprès de Dalkia smart building.


Et après l’ENSIATE ?

Honnêtement à la fin de l’ENSIATE je n’étais toujours pas prête à quitter l’école. Pourtant mes conseillers me poussaient beaucoup vers l’emploi mais j’ai toujours été si scolaire que j’ai tout fait pour continuer :)

J’ai convaincu mon entreprise de me financer une nouvelle année de formation à Centrale Supélec pour un Master Spécialisé en management de l’énergie. Toujours en alternance chez Dalkia Smart Building. C’était génial, j’ai appris énormément et à la fin j’étais même heureuse d’en avoir vraiment fini avec les études. 

Il m’a fallu mon temps, mais j’étais fin prête à rejoindre le monde du travail !


Que faites-vous aujourd’hui ?

Aujourd’hui je travaille chez GreenYellow pour le Groupe Casino, plus précisément sur les Monoprix pour leur faire faire des économies d’énergie. Ce qui est bien dans mon emploi actuel c’est que les décisions sont prises au niveau du Groupe, puis on intervient pour mettre en place les solutions dans chaque magasin. Alors qu’avec Intermarché, on devait négocier avec chaque directeur de magasin ce qui ralentissait fortement notre action.


En plus de cela, je suis également enseignante dans un lycée en mathématiques et physique-chimie pour les Seconde et Première. C’est un ancien de la promo Ensiate qui m’a permis de décrocher cette opportunité. J’ai sauté sur l’occasion. Autant vous dire que je ne m’ennuie pas !



A quoi ressemble votre quotidien d’ingénieur énergéticien ?

Mon quotidien c’est d’intervenir dans tous les sujets qui ont affaire de près ou de loin avec la consommation d’énergie au sein des magasins dont j’ai la responsabilité (environ 200).

  • Au début, on installe une multitude de capteurs dans les magasins

  • Ensuite, tous les jours, je regarde mes courbes d’énergie 

  • Je regarde si rien d’anormal n’est apparu 

  • Si je vois une anomalie, je me déplace pour chercher la cause, regarder les réglages en magasin

  • Je veille également à ce que les travaux se passent bien.

  • Je suis là, à tout le moment pour rappeler qu’on doit TOUJOURS travailler dans un objectif d’économie d’énergie.

Mon métier en fait c’est de rappeler que les choses que l’on fait c’est pour aller dans le futur et pas le passé.



A quel salaire peut prétendre un·e jeune ingénieur éco-énergéticien en début de carrière ?

Sur la région parisienne je dirais qu’un·e jeune diplômé·e touche entre 33 et 36 k€ en début de carrière. 



En quoi l’énergie est un domaine d’avenir ?

Ce qui est intéressant avec l’énergie c’est que ce sont des travaux à haut rendement financier. Les incitations fiscales sont nombreuses et le gain en consommation d’énergie est tel qu’ils y sont forcément gagnants. Le retour sur investissement est toujours intéressant.



Avez-vous un conseil à donner aux jeunes qui envisagent de se lancer dans le domaine ?

Il faut prendre le temps de se découvrir et une fois qu’on est persuadé de la voie que l’on souhaite suivre, il faut tout donner. Tout est important. Aujourd’hui je me sers encore de mes cours de management d’équipe alors qu’à l’époque je ne voyais pas le rapport avec l’ingénierie. Soyez patient. Il faut accepter de faire des petites choses avant de faire de grandes choses.

Vous souhaitez en apprendre davantage sur le parcours de Mélanie ? Envoyez-lui un petit message ! https://ensiate.datalumni.com/profile/49268